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Droits sexuels en temps de crise – COVID 19 : Femina Europa répond à l’ONU

Femina Europa répond à la consultation du groupe de travail de l’OHCHR ( Haut commissariat des Droits de l’Homme, aux Nations Unies), afin d’apporter sa contribution au rapport thématique sur la santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles dans les situations de crise, qui sera présenté, lors de la 47è session du Conseil des droits de l’homme en juin 2021.

https://www.ohchr.org/EN/Issues/Women/WGWomen/Pages/SexualReproductiveHealthRights.aspx

Voici ce que nous avons adressé au groupe de travail :

 

Crise et besoins des femmes en santé sexuelle et reproductive

 

Le système de santé français, sous tension avec l’épidémie de COVID 19, a voulu s’adapter pour répondre aux besoins des femmes, mais les mesures prises ont été incomplètes et insuffisantes.

En effet, le gouvernement français s’est limité à prévenir les difficultés d’accès à l’IVG (Interruption volontaire de grossesse). Ainsi dans le délai légal en vigueur, des facilités complémentaires ont été données aux demandes d’IVG des femmes :

  • téléconsultations possibles en cas d’IVG médicamenteuses
  • les IVG médicamenteuses à domicile ont été rendues possibles jusqu’à 9 semaines après la date des dernières règles. (arrêté paru auJournal officiel le 15 avril 2020)

Par contre aucune mesure n’a été prise pour améliorer en cette même période de crise les services de santé à la grossesse, y compris les soins prénataux et postnataux.

 

Deux exemples :

 

  • La dimension psychique de la grossesse est toujours négligée. Or la maternité est un évènement majeur, un bouleversement dans la vie d’une femme, qu’il faut respecter.

 

Les femmes aimeraient être mieux préparées et accompagnées dans la phase post- accouchement. «Pourtant la dépression du post partum touche aujourd’hui 10 à 20% des femmes après l’accouchement. Les études indiquent fréquemment des effets négatifs de cette dépression sur la relation mère-enfant et sur le développement de l’enfant. De nombreux travaux ont montré une corrélation entre la prévalence de la dépression du post-partum et les modalités de la naissance. La façon dont est vécue et expliquée la naissance joue un rôle déterminant dans la survenue de la dépression du post-partum »[1].

 

  • Le problème des violences gynécologiques et obstétricales est complètement ignoré, et reste toujours à traiter. Là aussi, c’est un manque de respect pour la dignité de la femme.

 

Enfin la dimension psychique de l’avortement, son impact sur la santé mentale est un sujet tabou en France. Il est urgent que la parole sur ce sujet [2] se libère, que les femmes récupèrent leurs droits à s’exprimer sur leur IVG, au même titre que sur leur maternité.

 

Les besoins des femmes en santé sexuelle et reproductive ne peuvent se réduire au service d’avortement et de contraception!

 

 

 

Crise et Violences faites aux femmes

 

 

En France, nous disposons d’une loi qui permet de réprimer les violences sexuelles et sexistes. Le gouvernement français pendant la crise du Covid 19 a pris des mesures [3] complémentaires pour faire face à l’augmentation des violences faites aux femmes:

 

– Un décret paru au Journal officiel du 6 juin 2020 prévoit que les victimes de violences conjugales puissent débloquer par anticipation leur épargne salariale, afin d’avoir rapidement les moyens de s’éloigner de leur agresseur en cas d’urgence.

– Les femmes victimes de violences peuvent contacter le 3919. Ce numéro de téléphone gratuit et anonyme, en raison des circonstances exceptionnelles dues à l’épidémie du coronavirus, est jusqu’à nouvel ordre, accessible de 9h à 19h du lundi au samedi.

 

Sur le site gouvernemental, https://arretonslesviolences.gouv.fr, les différentes formes de violences sexistes et sexuelles exposées reprennent la définition de la Convention d’Istanbul, que la France a ratifiée en 2014:

 

« Les femmes et les filles sont souvent exposées à des formes graves de violence: violence domestique, harcèlement sexuel, viol, mariage forcé, les mutilations génitales… lesquelles constituent une violation grave des droits humains et un obstacle majeur à la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes »

 

Cette définition est incomplète. Il manque le harcèlement lié à la maternité ou à la grossesse, en entreprise et dans l’espace public. La discrimination envers la maternité et la grossesse est très courante en entreprise; c’est un obstacle à la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes. En France, plus d’une femme sur 4 affirment s’être senties discriminées pendant sa grossesse. Brigitte Grésy, inspectrice générale des Affaires sociales et auteur d’un “Petit traité contre le sexisme ordinaire” parle de délit de maternité, en évoquant le harcèlement lié à la grossesse et à la maternité [4]. Ce type de harcèlement ne peut qu’augmenter en période de crise.

 

Une résolution du Parlement européen invite expressément à lutter contre ce type de harcèlement. Il s’agit du rapport Picierno, voté en plénière à Strasbourg le 11 septembre 2018.

 

http://www.europarl.europa.eu/doceo/document/A-8-2018-0265_FR.html

http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=TA&reference=P8-TA-2018-0331&format=XML&language=FR

 

Pour conclure

Les femmes aimeraient pouvoir être écoutées et respectées dans leurs vrais besoins liés à leur identité de femme et de mère.

[1] http://www.ordre-sages-femmes.fr/wp-content/uploads/2020/07/Dossier-de-presse-Contribution-Ségur.pdf

 

[2] https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/25906-Grossesse-guerir-syndrome-post-IVG

 

[3] https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F12544

 

[4] https://www.marieclaire.fr/,avoir-un-bebe-enfant-et-travail,20258,535398.asp

 

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