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L’avenir de l’Europe compromis par l’avortement

Notre déléguée à Bruxelles a assisté le 22 juin à un séminaire européen de haut niveau sur la prévention de l’avortement. Celui-ci avait lieu à la COMECE (Commission des Épiscopats de la Communauté européenne). Il était organisé par Grégor Puppinck, directeur de l’ECLJ (Centre européen pour le droit et la justice)

 

Le séminaire a été introduit par le Secrétaire général de la COMECE, Frère Olivier Poquillon OP sur le constat que le recours massif à l’avortement devient un problème de santé publique et un problème social. Tout en affectant la société dans son ensemble, l’avortement massif obère son avenir. L’objectif de la journée était de promouvoir une approche concrète centrée sur la « prévention de l’avortement » et d’identifier les moyens d’une telle politique.

 

Pour Grégor Puppinck (ECLJ), il est urgent de rappeler qu’aucune convention internationale et européenne n’établît un droit à l’avortement, ni explicitement, ni implicitement. L’avortement ne relève pas de la compétence de l’Union Européenne. Au contraire, les conventions internationales protègent les droits de l’enfant à naître[1] et le droit à la vie[2]. Si des exceptions existent pour le droit à la vie, elles sont clairement définies (ex.: le recours à la force pour défendre contre une violence illégale, pour effectuer une arrestation, pour réprimer une émeute). Et l’avortement ne figure pas dans cette liste. La santé sexuelle et génésique des femmes impose-t-elle un droit à l’avortement ? Non! Le rapport de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement rappelle que la femme a le droit de décider librement du nombre et de l’espacement des naissances, et d’avoir recours à tous les moyens nécessaires pour exercer ce droit, mais que l’avortement ne devrait, en aucun cas, être promu en tant que méthode de planification familiale. Il faudrait au contraire faire valoir qu’il existe un droit à ne pas avorter! Pensons à l’avortement contraint pour cause économique ou sociale. Avec ces avortements forcés, les droits sociaux des femmes sont bafoués.

 

 

Le séminaire a fait intervenir des experts (juristes, sociologues et scientifiques) venant de divers pays européens (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Macédoine, Pologne, Slovaquie) et s’est appuyé sur le livre «Droit et prévention de l’avortement en Europe » (Editions LEH), issu des travaux de l’ECLJ. Citons quelques interventions:

 

Jean Marie Le Méné (Fondation Lejeune) a souligné le lien entre avortement et eugénisme et abondamment cité Jacques Milliez, auteur de ‘l’euthanasie du fœtus, médecine ou eugénisme’ (Od. Jacob 1999). Il a rappelé que l’IVG en France a commencé par l’IMG (Interruption médicale de grossesse) et dans l’imaginaire collectif, même chrétien, l’IMG est considéré comme « convenable ». Avec le dépistage prénatal non invasif, l’IVG va devenir eugénique. On peut retrouver son intervention sur le site: IVG IMG vers un eugénisme assumé

(http://www.genethique.org/fr/interruption-medicale-de-grossesse-vers-un-eugenisme-assume-67855.html#.WVkrAjOz6NY)

 

– Claire de la Hougue juriste à l’ECLJ a rappelé qu’en Europe, 5 pays ne donnent pas droit à l’objection de conscience: la Bulgarie, la Tchécoslovaquie, l’Islande, la Finlande et la Suède. Ainsi en Suède où a été institué un ‘droit’ à l’avortement, sages femmes et étudiants en médecine se voient refuser leurs diplômes ou peuvent perdre leur emploi, s’ils refusent de pratiquer un avortement. En France, la discrimination est rampante. Si les médecins et infirmier(e)s sont couverts par l’objection de conscience, les pharmaciens ne le sont pas. Or plus de la moitié des IVG sont aujourd’hui médicamenteuses. Rappelant que ce sont des sages-femmes qui ont désobéi à Pharaon, en sauvant Moïse (fait intervenu avant le don des Tables de la Loi), Claire de la Hougue a rappelé que l’objection de conscience n’est pas liée à un fait religieux, mais est partie intégrante de la liberté de conscience.

 

Quelques pistes en Europe pour prévenir l’avortement …

 

Le Professeur Assuntina Morresi a rappelé qu’en Italie, le taux d’avortement est bas, en corrélation avec le faible taux de contraception; ajoutons qu’en Italie l’éducation sexuelle n’est pas dans le programme éducatif, alors que celle-ci est souvent présentée comme le moyen de prévenir l’avortement. Elle a par ailleurs souligné que les relations instables favorisent la contraception et l’avortement, que la famille au sens large reste une valeur forte en Italie et que 70 % des gynécologues sont objecteurs de conscience.

 

Le Dr Petra Cador a exposé la situation en Allemagne, où le nombre d’avortements ne cesse de diminuer tout en sachant qu’en ex-RFA les femmes avortent moins qu’en ex-RDA qui a vu dès les années 70 une loi dépénalisant l’IVG. Situation bien différente de la France ou le nombre d’avortements est deux fois plus important!

Pour Caroline Roux (Alliance Vita), l’état Français ne fait pas de prévention de l’avortement, mais de la prévention de grossesses non désirées. Alors que la loi sur le délit d’entrave à l’IVG vient d’être voté, Alliance VITA a déposé une requête devant le tribunal, en ce qui concerne des informations inexactes ou non objectives sur l’avortement qui figurent sur le site officiel du gouvernement français dédié à l’IVG. Une vidéo y affirme « qu’il n’y a pas de séquelle psychologique à long terme de l’avortement ». A noter: Alliance Vita a publié un guide des aides pour les femmes enceintes!

Me Vladimir Gjorcev, député de Macédoine, a présenté la loi qui a été adoptée pour prévenir l’avortement. Le but du texte: autonomiser les femmes enceintes —pour reprendre le langage ONUsien— , en leur donnant toute l’information nécessaire pour qu’elles puissent décider en toute connaissance de cause. La loi porte sur trois points: une échographie obligatoire, un délai de réflexion de 72h supplémentaires, une consultation avec successivement un médecin, un psychologue et une assistante sociale. Une campagne télévisée a suivi avec le slogan ‘Choisissez la vie — Vous avez le droit de choisir’

 

En conclusion, Grégor Puppinck a rappelé que l’objection de conscience personnelle et institutionnelle ainsi que la liberté d’expression en matière d’avortement doit être respectée. Et si le rôle des sites d’écoute a été souligné dans la prévention de l’avortement, le séminaire s’est attaché à montrer que ce sujet est d’abord du ressort des gouvernements et va de pair avec une politique familiale.

[1] La Convention Relative aux Droits de l’Enfant de 1989 prévoit dans son préambule que « l’enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d’une protection spéciale et de soins spéciaux, notamment d’une protection juridique appropriée, avant comme après la naissance ».

 

[2] L’article 3 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, l’article 6 du Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques, l’article 2 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, l’article 2 de la Charte des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne consacrent le droit à la vie.

 

 

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