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Rétrospective de la collaboration entre le St Siège et les ONGs catholiques présentes dans les institutions internationales

Cette conférence a été donnée à l’université pontificale du Latran, en décembre 2025.

Chrétiens dans les forums internationaux

Éléments historiques d’une présence et d’une collaboration

Dr. Fermina Alvarez
Official de la Secrétairerie d’État

 

Le thème qui nous réunit aujourd’hui nous rappelle que la participation des chrétiens aux organismes internationaux intergouvernementaux est une expression de l’universalité de la mission ecclésiale. Il s’agit d’une dimension dont nous n’avons peut-être pas toujours perçu pleinement la portée. Cette présence au sein de l’arène internationale représente en effet une occasion privilégiée d’offrir un témoignage significatif. La constitution Gaudium et Spes (GS) et le décret Apostolicam
Actuositatem (AA), dont nous célébrons le 60ᵉ anniversaire de l’approbation, définissent le champ international comme une  « forme excellente d’engagement » dans laquelle « les diverses associations catholiques internationales peuvent servir de nombreuses manières à l’édification de la communauté des peuples dans la paix et la fraternité » (GS, 90). Pour reprendre les mots de saint Jean-Paul II :

« Elles y occupent «une place spécifique qui demande un engagement original. C’est ce que je définirais comme la phase de la médiation entre l’Evangile et la société contemporaine, entre l’Eglise universelle et la communauté des nations. […] Les OIC constituent, en raison même de leur existence et de leur présence, un élément de cette médiation, et pour ainsi dire une des charnières entre l’Eglise catholique et la société internationale, là où l’Eglise en tant que telle ne peut intervenir parce qu’il s’agit de domaines techniques et où [les associations catholiques doivent] intervenir. » (1)

L’histoire offre de nombreux exemples de l’action des catholiques dans le domaine international. On en trouve des précédents dès la fin du XIX e siècle, sous le pontificat de Léon XIII qui se montrait très sensible à la question sociale et au rôle des laïcs, alors que l’on tentait de préserver les prérogatives du Saint-Siège à la suite de la chute des États pontificaux. Toutefois, c’est dans les premières décennies du XX e siècle que l’Église a assisté à un développement croissant du mouvement associatif laïc, en particulier des organisations internationales catholiques (OIC). C’est dans cette perspective que je souhaite m’arrêter sur l’action de ces organisations, à partir de la création des organisations intergouvernementales et des agences des Nations Unies.

1. Les OIC et la Conférence des Présidents

Il convient tout d’abord de préciser qu’il n’existe pas de modèle unique d’« Organisation Catholique Internationale ». Les premières expériences associées à cette réalité remontent aux années 1920, mais la dénomination n’a été adoptée que dans les années 1950 pour désigner les groupements de fidèles reconnus par le Saint-Siège et actifs auprès des organismes internationaux
intergouvernementaux. Dès le début, il s’agissait d’une catégorie hétérogène comprenant des formes associatives très diverses. Certaines avaient une structure supranationale et se constituaient en fédérations d’organismes nationaux ; d’autres étaient considérées comme internationales en raison de leur activité auprès des institutions multilatérales. La plupart de ces OIC trouvent leur origine dans les mouvements de l’Action catholique spécialisée, actifs dans les domaines professionnels ou à finalité caritative et sociale, à l’image des associations d’assistance. D’autres, de nature plus technique, prenaient la forme de bureaux ou  d’offices se  consacrant à des fonctions de conseil ou à des études spécialisées sur des questions  de portée mondiale. Le terme  « organisation » était donc entendu au sens large (2), tandis qu’il revenait au Saint-Siège de conférer le statut officiel d’ « organisation internationale catholique »  à celles ayant acquis une dimension réellement internationale.

En 1919, le Bureau international du travail (BIT/OIT) fut créé, et la même année, pour garantir la paix après la Première Guerre mondiale, le traité de Versailles prévoyant la création de la Société des Nations (SDN) à Genève fut signé. En 1945, après la Seconde Guerre mondiale, la SDN fut remplacée par l’Organisation des Nations Unies (ONU) et ses agences. Cette année marque ainsi le 80ᵉ anniversaire de sa fondation.

Dans ce contexte, la première proposition organisée de rapprochement entre associations catholiques internationales vit le jour en 1927. Elle prit forme à l’initiative privée de certains délégués participants au XI e Congrès des associations pour la Société des Nations, à Berlin. Ces derniers, avec des fonctionnaires catholiques de la SDN intéressés par les questions de droit international, voyaient l’intérêt de raviver la pensée catholique afin d’atténuer les tensions de l’après-guerre (3). Ainsi, encouragée par l’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, l’Union Catholique d’Études Internationales (4) invita les présidents des OIC existantes, à se réunir à Fribourg, en Suisse. Onze répondirent à l’appel, donnant naissance à la « Conférence des présidents des  Organisations Catholiques Internationales» (1927–1942) (5) . Cette initiative visait à garantir une présence catholique auprès de la SDN. En 1951, un Secrétariat permanent a été créé à Genève et les premiers statuts ont été approuvés en 1953. La Conférence se définissait comme un organe permanent de coopération entre les OIC, dont le but était d’apporter une contribution positive à la vie internationale, inspirée des principes chrétiens. Un «Protocole additionnel » régulait ses relations avec le Saint-Siège.

Après la Seconde Guerre mondiale, la Conférence retrouva sa structure initiale et divers centres et secrétariats internationaux furent créés : en 1947, le Centre catholique de coordination auprès de l’UNESCO ; en 1950, le Centre catholique international auprès de l’ONU à Genève ;  puis un centre d’information auprès de l’ONU à New York.  Outre le soutien aux activités des catholiques, la Conférence visait à étudier les grands problèmes contemporains et à favoriser l’échange d’informations entre tous les catholiques engagés dans l’action internationale, afin de promouvoir des attitudes et des initiatives communes. (6)

Avec la création de l’ONU, les organisations non gouvernementales purent établir des relations de collaboration grâce au statut consultatif. (7)  Lors des premières réunions à Genève des ONG accréditées auprès des Nations Unies, un rapport confidentiel rédigé en 1949 par le vice-président de l’Union mondiale des organisations féminines catholiques (UMOFC) soulignait la faible présence des catholiques, signe d’un intérêt limité pour une participation active aux initiatives promues par l’ONU. Parmi les rares délégués d’organisations catholiques présents, on notait également « un manque d’unité et d’harmonie face à l’action concertée des autres organisations, notamment protestantes ». (8) Quelques années plus tard, un autre rapport, rédigé par Catherine Schaefer de la National Catholic Women’s Conference (NCWC) à New York, formulait des propositions pour remédier à ces difficultés : promouvoir des formations permettant de comprendre le contexte politique international par le biais de programmes ciblés, encourager les études supérieures avec une spécialisation dans des zones géographiques ou des thématiques spécifiques, et introduire des cours consacrés à la sphère internationale dans les instituts de formation professionnelle catholiques destinés aux jeunes. (9)

On peut affirmer que l’encouragement constant du Saint-Siège à l’égard des fidèles catholiques et de leurs organisations en faveur d’un engagement international accru est manifeste. À l’occasion de la session plénière de la Conférence, qui s’est tenue à Paris en 1954, le sous-secrétaire d’État de l’époque, Mgr Giovanni Battista Montini, a transmis un message du Saint-Père dans
lequel il reconnaissait que l’approbation des statuts de ladite Conférence, en 1953, devait également être comprise comme un « encouragement manifeste à se rassembler dans les divers domaines de leur activité professionnelle ou apostolique afin de coopérer plus efficacement à la diffusion de la pensée chrétienne dans la vie internationale contemporaine ». (10)

L’impulsion donnée par Pie XII à l’apostolat des laïcs par la convocation de congrès internationaux est bien connue. À cette fin, en 1952, il créa le Comité permanent des congrès pour l’apostolat des laïcs (COPECIAL) et en nomma Vittorino Veronese, alors vice-président du Mouvement des intellectuels catholiques de Pax Romana, secrétaire général. Le COPECIAL, prédécesseur du Conseil pontifical pour les laïcs, et la Conférence des OIC œuvraient en parallèle comme activités laïques au service de l’Église (11) , mais avec des objectifs différents et des thématiques communes.

Selon Ramon Sugranyes, alors président de la Conférence des OIC, les deux instances étaient devenues mutuellement indispensables. Bien que confrontée à la multiplication des organes et structures parlementaires qui entravaient son efficacité opérationnelle, l’ONU avait besoin de la Conférence pour assurer la représentation des intérêts catholiques (12) . La Conférence ressentait le besoin d’un organe de réflexion capable d’examiner les questions doctrinales soulevées par l’apostolat des laïcs, ainsi que la complexité des questions techniques et méthodologiques connexes. De son côté, le COPECIAL avait déjà reconnu que les OIC constituaient un outil essentiel permettant aux catholiques de  contribuer activement  à la construction de la  communauté
internationale (13) .

En 1958, la Conférence a fait de la formation internationale l’une de ses priorités : « Former les responsables catholiques internationaux et influencer l’opinion publique ». Les dirigeants des OIC se sentaient en effet à l’avant-garde, œuvrant dans un secteur de plus en plus important, mais encore méconnu. Représenter un organe des Nations Unies était une tâche délicate et complexe. Les OIC devaient former des consultants spécialisés pour l’organe concerné, capables de rédiger des rapports, de prendre la parole et de convaincre les autres délégués. Il était par ailleurs essentiel de définir un terrain d’entente. En effet, la Conférence devait gérer une grande diversité d’organisations membres, dont les structures et les méthodes étaient si différentes qu’il était difficile d’atteindre un objectif fondamental : l’action commune.

« De nombreuses demandes d’admission ont placé la Conférence des OIC devant des problèmes difficiles à résoudre à cause du caractère mal défini de ce que nous entendons par une OIC. Tous les efforts qui se font dans le monde dans le sens de l’apostolat des laïcs ont leur place au sein d’un Congrès Mondial, mais non pas nécessairement au sein de la Conférence. » (14)

Sugranyes, président de la Conférence des OIC, anticipait la nécessité future d’une « Commission ecclésiastique » pour représenter le magistère de l’Église et qui, à un stade ultérieur, pourrait devenir un dicastère de la Curie romaine chargé de suivre l’apostolat laïc en général:

« Je songe pour ma part à une très grande organisation du laïcat au service de l’Eglise; un organisme qui puisse assumer l’ensemble de l’apostolat laïc, en regroupant tous les aspects divers de l’action des fils de l’Eglise engagés dans la vie du monde. Dans cet organisme, la pensée qui est à la base des congrès mondiaux de l’Apostolat des Laïcs d’une part et de la Conférence des OIC d’autre part demeurerait. Mais dans une forme d’organisation plus souple et plus cohérente que maintenant. » (15)

Le président envisageait une organisation plus rationalisée et cohérente englobant tous les aspects de l’activité des fidèles à travers le monde. Il jugeait donc opportun de créer :

– une section dédiée aux études doctrinales, aux échanges d’expériences et à la documentation,
placée sous l’autorité directe de la hiérarchie ;

– une autre section chargée de l’activité catholique à l’échelle internationale.
Il préconisait notamment la création d’une sorte de conférence des OIC, qui se réunirait périodiquement pour superviser les activités pratiques. Il envisageait également de renforcer la dimension internationale des centres existants et d’encourager la création de comités ad hoc pour mener des actions concrètes et clairement définies, dans le cadre desquelles les organisations
pourraient collaborer.

À la veille du concile Vatican II, on constate ainsi la présence d’un grand nombre dereprésentants de ces organisations catholiques internationales, qui bénéficient d’une solide expérience internationale ; certains d’entre eux ont d’ailleurs participé au Concile en tant qu’auditeurs et ont collaboré à la rédaction de la Constitution pastorale Gaudium et Spes en tant qu’experts.

2. De la Conférence des OIC au Forum des ONG d’inspiration catholique

Après le Concile Vatican II, l’arène internationale a vu apparaître un nombre croissant d’associations à vocation mondiale. L’émergence d’ONG issues de mouvements ecclésiaux, de congrégations religieuses ou d’autres réalités laïques fondées sur la doctrine sociale de l’Église a contribué, au fil du temps, à un déclin du rôle de la « Conférence des OIC », qui a peu à peu perdu de sa centralité, de son efficacité et de sa capacité opérationnelle. Dès 2005, lors de l’assemblée générale de Jérusalem, l’identité et la fonction de la Conférence ont fait l’objet d’une réflexion approfondie de la part des associations membres avec le Saint-Siège, en particulier la Secrétairerie d’État et le Conseil pontifical pour les laïcs. En novembre 2006, un document interne intitulé « Position du Saint-Siège sur l’avenir de la Conférence des OIC » reconnaissait la nécessité d’un renouveau profond de l’organisation, avec la création d’un nouvel organe de coordination des ONG catholiques engagées dans la vie internationale. Les réflexions contenues dans ce document ont été partagées avec les associations membres et ont constitué un point de référence essentiel pour orienter et clarifier la voie à suivre.

Une consultation de la Secrétairerie d’État en 2005 sur la nature, l’identité et la pertinence des OIC, ainsi que sur la collaboration du Saint-Siège avec les ONG catholiques, a souligné le potentiel et l’intérêt de favoriser la coopération avec ces associations au niveau international. Ainsi, en novembre 2007, une première rencontre a réuni à Rome quelque 90 ONG liées aux mouvements ecclésiaux, aux congrégations religieuses et à d’autres institutions civiles d’inspiration catholique. C’est alors que le Forum des ONG d’inspiration catholique a été créé, avec pour objectif de raviver le principe fondateur de la Conférence des OIC : promouvoir la collaboration entre les associations engagées dans la vie internationale et faciliter leur interaction avec le Saint-Siège. En quinze ans, le Forum a organisé cinq rencontres internationales et mené une activité riche et variée : side-events, campagnes, séminaires, déclarations, etc. Aujourd’hui, le Forum des ONG d’inspiration catholique, qui a clôturé sa sixième édition hier, le 27 novembre 2022, aborde un nouvel horizon porteur de renouveau pour ses membres et son action, dans un contexte mondial complexe. Les défis sont nombreux, mais le plus urgent est celui de la paix et de la coexistence dans un esprit de fraternité préservant la dignité de chaque être humain.
Le Forum entend demeurer un espace de dialogue, d’échange et de collaboration sur la scène politique internationale, dans un esprit de communion et dans le plein respect de l’autonomie d’action légitime de chaque entité (16) , afin que leur action soit efficace au service de l’humanité.

Dans cette perspective, le Forum vise à raviver et à promouvoir la mission originelle qui a inspiré la participation des premières ONG catholiques au sein du système des Nations Unies. Cet engagement se traduit par une communication dynamique qui favorise un échange régulier d’informations sur la situation internationale, des enjeux émergents aux tendances et aux questions
cruciales, et qui encourage la réflexion et l’étude à la lumière du magistère de l’Église. Lorsque les circonstances l’exigent ou le rendent opportun, nous souhaitons également organiser des concertations entre les entités concernées, coordonner les activités aux niveaux régional et continental, et participer activement à la promotion d’initiatives dans le contexte de la vie internationale. À l’heure où les politiques nationales risquent de compromettre les fondements mêmes de l’humanité, il est urgent d’offrir au monde une vision anthropologique solide et cohérente, ancrée dans la doctrine sociale de l’Église. Dans le contexte actuel où les valeurs chrétiennes sont de plus en plus marginalisées, il convient de se demander comment rester fidèle aux enseignements et à la doctrine de l’Église (17) . Les ONG d’inspiration catholique, bien que minoritaires au sein des Nations Unies, doivent rappeler aux instances gouvernementales les principes éthiques sous-jacents à leurs projets visant à servir la personne dans son intégralité et dans divers domaines.

Leur participation et leur collaboration, qui se traduisent par des propositions intelligentes et équilibrées, sont appréciées dans les milieux internationaux, même si la pensée et la doctrine qu’ils proposent ne sont pas toujours intégrées aux documents officiels. Il s’agit néanmoins d’un témoignage nécessaire pour que la voix des chrétiens soit entendue et prise en compte. (18)
La réputation morale dont jouissent les ONG d’inspiration catholique tient à la fois à leur identité chrétienne et au professionnalisme dont elles font preuve dans la défense des problématiques des diverses réalités avec lesquelles elles interagissent. Ces ONG fournissent en effet des ressources humaines et matérielles qui, sans elles, resteraient inaccessibles, ainsi qu’une expertise de haut niveau. Aujourd’hui encore, elles jouissent d’une réputation fondée sur le sérieux, la cohérence morale et la compétence professionnelle dont elles ont fait preuve à différentes étapes de leur histoire. Pour consolider ces valeurs, ces organisations doivent toutefois approfondir leur connaissance des objectifs et des programmes des organisations internationales, mais aussi des objectifs spécifiques que le Saint-Siège entend atteindre pour le bien de l’humanité. En ce sens, le Forum est perçu comme un projet commun dans lequel le Saint-Siège met à la disposition des organisations œuvrant dans le secteur social une riche expérience et des principes directeurs pour inspirer leur action. De plus, tout en respectant leur autonomie, il remplit sa mission dans la sphère multilatérale en s’appuyant sur l’expérience de ces organisations, trouvant ainsi un juste équilibre entre esprit de communion et autonomie d’action. (19)

Dans le contexte actuel de profondes transformations mondiales, il est nécessaire de renouveler l’élan et d’adopter des méthodes d’action plus efficaces. Des valeurs essentielles à la vie et au destin des individus, des familles, des peuples et de l’humanité tout entière sont en jeu. Le moment est venu de converger vers une stratégie commune, axée sur le bien commun, la protection
de la dignité humaine et la promotion de la paix. Cet engagement requiert l’élaboration d’une nouvelle vision culturelle et anthropologique que les chrétiens sont appelés à incarner par leurs actions sociales et politiques. Toutefois, cette contribution ne sera véritablement efficace que si les membres des associations actives à l’échelle internationale maintiennent les principes de la doctrine sociale de l’Église comme un repère constant, accompagnés d’un témoignage de vie et d’une communion ecclésiale permanents. L’efficacité des ONG d’inspiration catholique dépendra largement de la profondeur de l’expérience de foi de leurs membres et de leur conscience d’être les porteurs d’un héritage de salut. Il sera également crucial de préserver leur sens ecclésial et leur lien avec les Églises locales qui constituent un point de repère essentiel pour apporter une contribution
concrète sur la scène internationale et donner une voix crédible aux préoccupations des plus vulnérables.

Comme le reconnaît le décret Apostolicam Actuositatem (AA), les différentes associations « ne sont pas des fins en soi, mais doivent servir à accomplir la mission de l’Église dans le monde ; leur impact apostolique dépend de leur conformité aux desseins de l’Église, ainsi que du témoignage chrétien et de l’esprit d’évangélisation de chaque membre et de l’association tout ent!ère (AA, n. 19.)

1. Cf. Giovanni Paolo II, Ai rappresentanti delle OIC, 15 giugno 1982, n. 3.

2. Dès 1967, E. Gallina écrivait : « Nous ne pouvons formuler de définitions trop rigides, car la notion pratique d’OCI a connu et connaîtra des évolutions parfois surprenantes. De plus, il ne faut pas froisser certaines OIC déjà membres de la Conférence, mais nous ne pouvons pas non plus adopter un système de critères trop large, qui créerait un mélange incohérent allant du Tiers-Ordre… aux syndicats. On peut être, et on est, à la fois ouvert et exigeant » (notre traduction) : E. Gallina, Les Organisations internationales et l’Église catholique, Rome, 1967, p. 145-146.

3. Cf. Lettre datée du 19 décembre 1927, de Monseigneur Eugenio Pacelli, nonce apostolique en Allemagne, au Cardinal Secrétaire d’État.

4. Association fondée à Paris en novembre 1920 avec siège à Fribourg, Cf. UNIVERSITÉ D'URBINO CARLO BO, entrée  « Union catholique d’études internationales « , Fonds Bedeschi, Lorenzo, Documents de travail, Index 2, 001 U, U060.

5. Cf. A. Mattiazzo, « La Conférence des présidents des organisations catholiques internationales – Une page inédite de l’histoire du mouvement catholique international », Studia Patavina, Rivista di Scienze Religiose, 24 (1977) 2 : 335- 367.

6. Cf. Costantino-Matteo Fabris, « Le Organizzazioni non Governative cattoliche e il loro legame con la Santa Sede », Éphémérides Iuris Canonici 64 (2024) : 151-184 ; 155 ; F. Blin, Repères pour l’histoire de la Conférence des Organisations Catholiques Internationales (1927-2008), éd. Eclectica, Genève, 2009, p. 12.

7. Gallina, Le organizzazioni internazionali, 145-146.

8. Voici le rapport adressé au Saint-Siège par la vice-présidente de l’UMOFC, qui constate que l’ONU compte un petit nombre de catholiques parmi ses membres, comparé à « l’écrasante majorité de juifs, francs-maçons, laïcs, gauchistes, plus ou moins marxistes, qui détiennent également les clés du pouvoir au sein de l’organisation ». Parmi les causes de cette situation, Mme Piñeiro cite : 1) le désintérêt des catholiques pour les questions internationales ; 2) le manque d’unité parmi les catholiques susceptibles d’exercer une certaine influence ; 3) l’individualisme des nations latino- américaines qui, unies, pourraient peser sur les décisions de l’ONU, compte tenu de leur nombre ; 4) et aussi certaines candidatures, comme celle de la France, malgré le fait que le ministère des Affaires étrangères ait été dirigé par des catholiques, tels que Robert et Maurice Schuman et Georges Bidault. Concernant la troisième conférence des ONG internationales à Genève, du 26 au 28 juin 1949, voir ASRS, Organisations internationales, Pie XII, ONG 3360-2.

9. Cf. ASRS, Organisations internationales, Pie XII, O.N.U. 1100 Va-I, fasc. va3, f. 77.

10.  ASRS, Organizzazioni  Internazionali,  Pio XII,  Conférence des  Organisations  Catholiques  Internationales,   Assemblée Générale, Paris, 12-15 mars 1954.

11. Lors de la réunion du Comité de continuité de la Conférence des OIC, tenue le 27 février 1957, Ramon Sugranyes i de Franch (1911-2011), de l’Université de Fribourg, présenta son étude sur le rôle de ladite Conférence et ses relations avec le Comité permanent des congrès pour l’apostolat des laïcs (COPECIAL). Le rapport fut transmis à la Secrétairerie d’État par l’intermédiaire de la Nonciature apostolique à Berne. Le COPECIAL était une organisation créée par le Saint- Siège pour préparer l’organisation des Congrès internationaux pour l’apostolat des laïcs à Rome : le premier, du 7 au 14 octobre 1951, et le second, du 5 au 13 octobre 1957. D’autres congrès suivirent après Vatican II, voir ISTITUTO PER LA STORIA DELL’AZIONE CATTOLICA E DEL MOVIMENTO CATTOLICO IN ITALIA PAOLO VI (ISACEM), Consulta nazionale delle aggregazioni laicali (Cnal), 9.1: Santa Sede, Congressi mondiali per l’apostolato dei laici, 149/3: Documentazione sul Copecial. 1951-1966 (1951 dic. 15 – 1966 apr. 21).

12. « il n’en demeure pas moins que le fonctionnement de la Conférence, à mon humble avis, est à présent alourdi par un excès de structures parlementaires – qui en fait paralyse son action, plus qu’elle ne la favorise » : ASRS, Organizzazioni Internazionali, Pio XII, Affari Generali 300a, 7 mars 1957.

13. Ibidem.

14. Cf. ASRS, Organizzazioni Internazionali, Pio XII, Affari Generali 300a, Conférence des Organisations Catholiques
Internationales, Comité de continuité, Paris 27 février 1957.

15. Ibidem.

16. Cf. « Le Saint-Siège et les ONG d’inspiration catholique : présence, impact, difficultés et défis dans le contexte international » : Discours de Monseigneur Pietro Parolin, sous-secrétaire aux relations avec les États, lors du premier Forum des ONG d’inspiration catholique, le 30 novembre 2007 (pro manoscripto).

17. Cf. Costantino-Matteo Fabris, « Les organisations non gouvernementales catholiques et leurs liens avec le Saint-Siège», dans Éphémérides Iuris Canonici 64 (2024): 151-184.

18. Cf. F. Alvarez Alonso, « Per rievangelizzare la politica internazionale », L’Osservatore Romano (11 novembre 2011).

19. Cf. Alvarez Alonso, Panoramica delle ONG d’ispirazione cattolica nella vita internazionale, Familia et vita, Anno XV, 2 (2010): 147-153.

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